Delphine Schoder-Bernard est née en 1979 à Nancy. Elle vit et travaille actuellement entre Metz et Paris.

Artiste peintre figurative, elle pratique principalement la peinture à l’huile, la peinture acrylique et le pastel sec.

Elle s'est formée à la pratique du portrait d’après modèle vivant et à la technique du pastel sec, notamment au sein des ateliers de la Royal Drawing School à Londres et de la Société des Pastellistes de France à Paris.

Son travail a été exposé dans plusieurs expositions collectives à Paris et en province.

Elle était médecin avant de se consacrer à la peinture et garde de ce parcours atypique une sensibilité et un intérêt particulier pour l’exploration de la complexité du corps et de la psychologie humaine.

Initialement articulé autour du portrait, ma démarche s’est progressivement déplacée vers d’autres thématiques, même si la figure humaine y occupe toujours une place centrale.

Je développe actuellement une pratique centrée sur les notions d’intimité, de mémoire et d’émerveillement du quotidien.

Mon travail naît d’un intérêt porté aux situations anodines, souvent furtives, qui surgissent de la vie ordinaire. Je perçois, dans ces instants en apparence insignifiants, un potentiel esthétique, poétique ou narratif qui m’interpelle et s’impose à moi comme sujet de peinture.

Le déclencheur de mon processus créatif est généralement une composition visuelle éphémère apparue fortuitement dans l’intimité de mon environnement habituel, que je saisie par l’intermédiaire de la photographie. Parfois, c’est une image issue de mes archives personnelles qui constitue le point de départ de mon travail. Les moments vécus proches ou lointains se succèdent ainsi indifféremment dans mes peintures, comme une allusion à l’illusion du temps.

Les images photographiées n’ont pas vocation à être reproduites fidèlement. Les photographies servent de point de départ et fonctionnent comme des notes visuelles, retravaillées avant d’être réinterprétées en peinture. Dans l’espace pictural, la frontière entre abstraction et figuration devient parfois volontairement poreuse. Par la couleur et la composition, je cherche à ouvrir un champ de perception instable, brouillant les repères spatio-temporels jusqu’à faire basculer ces scènes dans une réalité réinventée.

En transposant ces instants ordinaires en peintures, je leur donne une nouvelle présence qui les extrait de leur banalité et rend visible ce qui passait inaperçu. Par le temps long de la peinture ou du pastel, j’inscris ces fragments de vie fugaces dans la durée et je tente de retenir leur disparition.

À travers cette démarche, je cherche finalement à interroger notre capacité à être encore touchés par ce qui nous entoure. Dans un contexte de saturation visuelle et d’accélération permanente, mon travail propose une forme d’attention lente, tournée vers ce qui demeure habituellement invisible ou négligé. L’émerveillement apparaît alors moins comme une fascination exceptionnelle que comme une manière de regarder autrement.

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